Beechcraft B17 Staggerwing (2)
Le Beechcraft B17L, serial NC14405, c/n 24 fut livré à Maurice Salle, agent Beechcraft à Paris en 1935. Il fut acheté par le Négus, apparemment pour les besoins de la Croix Rouge éthiopienne (Flight, 31 octobre 1935) et fut convoyé par Drouillet. L'avion fut accidenté durant le voyage et réparé au Caire. Il atterrit en octobre 1935 à Addis-Ababa, et Drouillet le pilota quelque temps en Éthiopie. Il fut endommagé dans un atterrissage forcé en décembre 1935.
Il aurait été retrouvé - en mauvais état ou détruit selon les sources - par les Italiens sur le terrain d'Addis-Ababa.
Décoration : couleur générale blanche, avec bandes effilées sombres (rouge?) autour du capot et le long du fuselage, ailes supérieure de même couleur avec croix rouge sur carré blanc sur l'aile supérieure gauche et immatriculation US en blanc sur l'aile supérieure droite. Décoration symétrique de l'aile inférieure. Etoile blanche à 6 branches au centre de la croix rouge.
Immatriculation figurant également sur la dérive. le Lion de Juda et une inscription en amharique figurent en blanc sur la bande sombre latérale.
Le 10 février 1936, Drouillet prit livraison du Beechcraft B17R, serial NC15811, c/n 66. Débarqué au Havre en avril 1936, cet appareil rejoint Villacoublay. La police y attend Drouillet pour lui interdire tout décollage sous prétexte de défaut de visite médicale. Malgré la présence de la police, René Drouillet décolle sans autorisation le 2 mai 1936 et rejoint Rome où il est à nouveau "bloqué". Après la chute d'Addis-Ababa le 5 mai, Drouillet revient sur Villacoublay le 9 mai. La police et la presse l'attendent : l'avion sera alors mis sous scellés.
On est alors en pleine Guerre d'Espagne et les républicains cherchent des avions avec le soutien de l'État français. Les scellés sont levés; le F-APFD qui a reçu son immatriculation française, porte également quelques dessins de Drouillet rappelant les événements antérieurs. "Le 16 septembre 1936, à 8H00, le pilote René Drouillet part de Villacoublay pour Madrid, via Toulouse... Il revient le 21 avec 4 passagers (Jean Massé)". C'est à cette époque qu'il aurait été acheté par la société des Mines de Penarroya, peut-être pour le compte du tout nouveau gouvernement basque (?), où il fut surnommé "le Négus". Dans "L'espoir", André Malraux cite cet appareil.
En avril 1937, alors que la pression augmente sur les provinces basques, le F-APFD se réfugie à Pau. En juillet 1937, il est racheté par Auguste Amnestoy, créateur d'Air Pyrénées qui assure les liaisons entre la France et Bilbao. Le 24 août 1937, le Président basque José Antonio de Aguirre et2 de ses ministres fuient Santander vers Biarritz grâce au F-APFD piloté par Georges Lebeau. Le 8 septembre, le même appareil participera aux recherches de l'Airspeed Envoy F- AQCS d'Abel Guidez abattu par la chasse nationaliste.
Pendant la deuxième guerre mondiale, le F-APFD fut capturé par les allemands, et stocké en région parisienne. Il fut ferraillé en 1945.
Décoration :
Le B17R NC15811 était de couleur ivoire avec des parements rouge sombre. L'immatriculation fut semble t'il de même couleur. La dérive portait un trèfle, insigne personnel de Drouillet.
Des petits graphismes furent dessinés sur l'arrière du fuselage en mai 36 : le lion de Juda avec la mention "Addis-Abeba", un avion décollant avec la mention "Villacoublay", la louve romaine avec la mention "Roma", enfin les scellés apposés sur l'appareil avec la mention "Versailles". D'autres dessins auraient été présents ; Jean Massé indique un total de 7 dont une croix ansée accompagnée de la mention "Assouan". Dans ses mémoires, Aguirre indique que le blason basque aurait été également apposé par la suite (?).
L'extrados de l'aile supérieure et l'intrados de l'aile inférieure étaient peints en rouge. Les sièges étaient rouge grenat.