Farman F.193
Farman 9Ea, 9Eb ou 9Ebr
F.193 n°1, c/n 7141, F-AJFB (CdN n° .... du .... 1929?)
La carrière du F.193 n° 1 débute mi 1929 avec un moteur Farman 9 Ea de 250 cv équipé d'une hélice bipale, monté sur la cellule F.190 n°21. Il est l'une des vedettes du stand Farman au Salon de 1930 en tant que représentant du type F.190 dans la livrée standard bleu et argent. Des tentures gris-bleu recouvrent l'intérieur de l'appareil, poste de pilotage compris; un tapis assorti complète la décoration. Luxueusement aménagé, il sert d'avion personnel à Maurice, Marcel et Andrée Farman, pour leurs déplacements en France ou dans les pays voisins. Le 15 août 1931, il effectue par exemple une excursion à Nevers, venant de Toussus-le-Noble piloté par Freton avec comme passagers Maurice Farman et son épouse. Le 27 septembre, il est de nouveau à Nevers, venant du Bourget, piloté par Marcel Farman avec comme passager Maurice Farman.
A l'automne 1932, il constitue le prototype du nouvel aménagement des Farman de tourisme, F.193 et F.390 : grandes fenêtres carrées, roues carénées, aménagement intérieur à 4 sièges dont un tournant. Sur la seule photo que nous ayons, il semble que sa livrée soit une adaptation de la livrée Farman d'origine; il possède alors toujours un moteur Farman 9 cylindres, et non celui à 7 cylindres du F.390.
Le 14 août 1933, il participe à la fête aérienne de Plouescat sous les couleurs d'Air Service, piloté par Burtin, avec 4 passagers.
En 1934, il est modifié en F.193/1, recevant alors la voilure du F.392.
F.193 n°2, c/n 7274, F-ALGN (CdN n° 3006 du 9 novembre 1931)
Le Farman F.193 n°2 est en début de carrière exposé au Salon de Saint-Didier Aviation. Curieusement, ses portes sont placées du côté gauche de l'appareil : ce sera le seul F.190 présentant cette particularité. Il est possible que cette configuration ait été inspirée par l'automobile. Il est alors équipé d'un moteur Farman Fa 9 Ea et d'une hélice bipale.
En 1931 ou 1932, il sert de banc d'essai du moteur Farman Fa 7 Ear, portant sur la dérive la mention F.390 n°1, mais possédant toujours son fuselage de F.190.
En novembre 1931, il est enregistré à la Société Air Service. Il est alors équipé d'un moteur Fa 9 Ebr et d'une hélice quadriplae. Il servira souvent comme appareil de propagande, réalisant des voyages et baptêmes de l'air.
Accidenté en 1934, il est réparé. Il est finalement radié du registre pour une raison indéterminée le 21 janvier 1937.
F.193 n°3, c/n 7267, F-ALFB (CdN n° 3205 du 12 juillet 1932)
L'avion, conversion du F.197 n° 5, conserve le fuselage à fenêtres rectangulaires des F.197/F.199 de dernière génération. Comme, peut-être, la couleur blanche de sa vocation sanitaire antèrieure. Il est utilisé par la société Air Service avant d'être vendu (enregistrement du 25 septembre 1936) à R. Peitz (Tournan-en-Brie).
F.193 n°4, c/n 7369, F-AMPD (CdN n°3563 du 22 septembre 1933)
Baptisé "Icare IV", le F.193 acquis par Suzanne Deutsch de la Meurthe est luxueusement équipé. Il est livré dans les premiers jours d'août 1933 à sa propriétaire. Au même moment , Lasne, pilote attitré de Suzanne Deutsch de la Meurth chez Nieuport dont elle est actionnaire, passe à son service personnel.
Piloté par Lasne, le F.193 baptisé "Icare IV" fera de nombreux voyages en France et en Europe. Fin décembre 1933, il est en particulier au Caire pour participer au rallye d'Egypte et à la réunion de la Fédération Aéronautique Internationale. L'appareil y apparaît dans sa livrée "rouge et blanche" (Flight).
Après le décès de Suzanne Deutsch de la Meurthe le 29 novembre 1937, l'Aéro-Club de France hérite de l'appareil dont la mutation est enregistrée en mars 1939.
F.193 n°5, c/n 7373, F-AMQS (CdN n°3508 du 29 août 1933)
Le propriétaire du F.193 n°5 était le journal "L'Intransigeant". L'appareil vola fréquemment avec aux commandes le chroniqueur aéronautique du journal, M. Peyronnet du Torres. Fin novembre 1933, ce dernier fait des vols en région parisienne avec Assolant, puis tous deux effectuent un voyage en Afrique dont ils reviennent à la mi-décembre. L'appareil est évidemment utilisé pour couvrir les grands événements sportifs, comme les 24 h du Mans de 1934. En 1936, il est utilisé par Saint Exupéry pour son reportage à Barcelone pendant la Guerre Civile.
En juillet 1937, le F.193 est cédé à Robert Sénéchal, ancien pilote de guerre, devenu concepteur et coureur automobile avant un accident qui l'amène à créer une compagnie de services aériens. Il utilise plusieurs appareils dont le Farman pour des opérations publicitaires et la couverture d'événements, à commencer par les grandes courses cyclistes de 1937 pour lequel il est décoré aux couleurs de la marque "Picon-Pikina" et du journal "Ouest-Eclair". En 1939, il réitère l'opération, l'avion étant alors peint aux couleurs de la comapgnie d'assurance "L'Urbaine et la Seine". Probablement réquisitionné. Sort ultèrieur inconnu.
F.193 n°6, c/n 7421, F-AMXL (CdN n°3869 du 3 mars 1934)
Le F.193 n°6 appartient à la Société Farman, avant d'être acquis par Albert Bucciali. Il était équipé du moteur Farman Ebr n°18019 de 245cv avec réducteur et hélice quadripale Chauvière, d'un réservoir supplémentaire de 80 litres en cabine remplaçant le siège arrière droit,; la fenêtre arrière droite était supprimée.
Les frères Bucciali étaient des constructeurs de voitures puissantes et luxueuses, utilisant des brevets originaux. Sur le flanc du moteur figurait un grand insigne des Cigognes, escadrille dont Bucciali avait été membre pendant la première guerre avant d'être envoyé dans la mission militaire française en Russie, comme sous-lieutenant détaché auprès de l'aviation russe, avant de rejoindre en 1918 l'important groupement français d'Odessa (11 officiers).
En 1936, Albert Bucciali est chargé par le gouvernement d'évaluer les intentions de l'Italie au sujet du Canal de Suez et de rapatrier éventuellement le Négus en territoire français. Pour ce faire, l'Etat français lui confie le F.193 n°6 acheté à Farman pour 58.000F; l'avion est muté au nom de Bucciali en mars 1936.
Le 10 mars 1936, Bucciali part pour un voyage "touristique" en Lybie via Rome et la Tunisie, mais l'avion en panne moteur est accidenté à Mechili (Libye) le 29 avril (hélice et train brisés), peu de jours avant la prise d'Addis-Abeba et la fuite du Négus. L'arrivée des rechanges et la réparation du F.193 permettent à Bucciali de rejoindre Derna (Libye) le 19 mai 1936. Il s'y installe avec sa famille dans un luxueux hôtel, visitant fréquemment le Caire. Fin octobre, le gouvernement français le rappelle en France. Le 2 novembre, Bucciali rejoint Rome où il arrive le 7 via Benghazi, Palerme et Naples. Il y laisse l'appareil qu'il confie sans les documents de bord à un ami italien. Après un court voyage en Suisse, lui-même rentre à Paris le 27 novembre, demandant la prolongation de son cahier de douane jusqu'au 8/9/1937. Le Ministère de l'Air exige néanmoins la restitution du Farman.
En août 1937, la DGAC constate la présence à Lognes du F-AMXL; il est dit qu'il aurait ensuite été exporté en Espagne du côté nationaliste, recevant l'immatriculation 30-5. Identification possible, mais à notre avis non réellement étayée jusqu'à présent.
F.193 n°7, c/n 7351, F-AMFU (CdN F390 n°3367 du 19 avril 1933)
Le F.193 n°7 "Tilili IV" résulte de la conversion en juillet 1934 du F.390 n°4. Il est alors enregistré depuis juin 1934 au nom de Charles Blumenthal (Neuilly-sur-Seine); il est brièvement enregistré en décembre 1937 au nom de Paul Legastelois, en vue de sa vente, avant d'être repris en janvier 1938 par l'Aéro-club de Dunkerque.
F.193 n°8, c/n 7142, F-AJFC (CdN F190 n°2170 du 9 juillet 1929)
Le F.193 n°8 est une conversion du F190 n°23 ayant appartenu à la société Farman avant d'être utilisé par sa filiale Air-Service. Il est enregistré comme converti en F193 en août 1934.
Il est acquis en novembre 1935 par le Capitaine René Wauthier, qui le fait équiper en avion sanitaire et en fait don au gouvernement du Cameroun. Le 21 novembre 1935, il est baptisé "Caritas" par sa marraine, Madame de Noailles, et son parrain, le comte Hector de Béarn. Il est ensuite convoyé en vol vers le Cameroun par M. Rousseau, Administrateur des colonies en décembre 1935.
Le F.193 n°8 est donné comme détruit en avril 1937.
F.193 n°9, c/n ?
Le Journal l'Aero du 7 août 1936 indique l'arrivée au CEMA "d'un F193 n°9, moteur Farman 9 Ebr, triplace de tourisme" destiné aux essais de TSF. Nous n'avons aucune autre information sur cet appareil.
F.193/1 n°1, c/n 7141, F-AJFB (CdN F.193/1 n° 3847 du 17 juillet 1934)
Le F.193 n°1 est modifié en 1934 avec une voilure de F.392 et un moteur Farman 9 Ebr équipé d'une hélice quadripale. Servant d'avion personnel à Henri Farman, il est également souvent utilisé par Andrée Farman. Probablement réquisitionné. Sort ultèrieur inconnu.