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Farman F.194

Hispano-Suiza HS6 Mb

            F.194 n°1, c/n 7150, F-AJID (CdN n°... du ... mars 1930)


            Le F194 n°1 (cellule n°29) reçoit probablement son CdN en mars 1930. Il est immédiatement livré à la société Hispano-Suiza pour sa promotion commerciale. Confié à deux pilotes expérimentés : Henri Rabatel, alors agent commercial d'Hispano-Suiza, et Henry Massot, il décolle du Bourget le 29 mars 1930 pour un voyage commercial. La destination finale en est l'Éthiopie où la guerre commerciale fait rage avec les motoristes choisis par l'État: Lorraine pour les Potez 25 et Salmson pour le Farman 190, et où viennet d'être livrés 3 Potez 25 à moteur Hispano. Madame Rabatel accompagne son mari jusqu'à Sofia qu'ils atteignirent après Rome, Belgrade et Bucarest. Les deux pilotes continuent ensuite leur voyage par Athènes, Alep, Le Caire, Atbara, Djibouti. Ils passent quelque temps à Addis-Abeba, reçus par le Négus auquel Rabatel tente sans succès de vendre son propre appareil.

            Ils rentrent ensuite par Djibouti, Port Soudan,  Assouan, Le Caire, Alep, Athènes, Belgrade, Bucarest, Varsovie, Berlin, Bruxelles avant leur retour à Paris le 17 mai 1930, ayant ainsi parcouru 23.000 km sans incident. (Consommations données pour 30 l d'essence et 0,1 l d'huile aux 100 km).

            En octobre 1930, Rabatel vend l'appareil à Gilbert Lane, homme de théatre et de cinéma qui veut faire un film sur le couronnement du Négus. Il fait équiper l'appareil de réservoirs supplémentaures en cabine de façon à rejoindre Le Caire sans escale. Le 24 octobre, avec comme pilote Pierre Nicolas, dit Silverbaum, et par un fort vent de travers, l'appareil lourdement chargé ne s'envole du Bourget qu'après 7 tentatives et après avoir vidangé la moitié de ses 1200 litres de carburant sur injonction de la direction de l'aéroport. Alors qu'il prend son virage vers le sud, il se met en perte de vitesse et s'écrase dans une cour de la ville, ses deux occupants décédant dans l'incendie qui s'ensuit. L'accident ne fera qu'un blessé dans la population.

            F.194 n°2, c/n 7151, F-AJIE (CdN n°2415 du 13 juin 1930)


            Après avoir subi dans une livrée argent en 1929 une longue pèriode d'essais comparatifs à Villacoublay dans les mains de Rabatel, le F.194 n°2 est enregistré en juin 1930 par la Société Maritime et Fluviale des Transports de Pétrole, puis en octobre à la société des Pétroles Jupiter, filiales de Shell. Il est alors piloté par Le Brix pour des tournées d'inspection des stations Shell des aérodromes français. Il est alors peint aux couleurs rouge et jaune de la compagnie et porte un logo Shell sur la dérive. Selon une photo publicitaire, un grand logo Shell a été également porté un temps sur le fuselage. Par la suite, il est supprimé et l'échappement est démonté


            Gravement accidenté à Saint Geniès de Comolas (Gard) avec 60% de dommages, il est reconstruit par Farman. Une photo nettement plus tardive montre qu'il a été sans doute été modernisé à cette occasion et doté des grandes fenêtres rectangulaires du F.199 au lieu des hublots du F.190.Il est alors mis aux couleurs Farman et repris par la Société Air-Service le 6 octobre 1932. En septembre 1933, il est utilisé pour le transport de journaux vers Deauville, Berck et le littoral de la Manche.

            Le 30 mars 1934, il est enregsitré au nom d'un pilote privé, Louis Thomas Hais.

            Le 10 novembre 1937, il  rejoint l'Aéro-Club du Nord Indochine à Hanoi .

            Il passe une visite Veritas à Gia-Lam le 11 septembre 1938, à 374 h de vol. Sort ultèrieur inconnu.

            F.194 n°3, c/n 7235, F-ALCU (CdN : n°3078 du 26 février 1932)


            Le F.194 n°3 est acquis par l'Etat Français. Affecté fin 1931 à la division d'entrainement du Bourget, il porte un bandeau tricolore sur le flanc et est mis en 1932 à la disposition de la délégation négociant les accords de désarmement à Genève. La suite de sa carrière gouvernementale est pour l'essentiel inconnue.

            Il est accidenté à Vichy en 1936; à cette époque, la décoration semble inchangée, mais le bandeau tricolore a disparu, ce qui pourrait laisser supposer qu'il n'est plus propriété de l'Etat français. Il ne semble pas avoir été réparé.

            F.194 n°4, c/n [7234], EC-AAR


            Le F.194 n°4 est acheté par José Canudas Busquets (Aérodrome de Canudas) qui le ramène en vol de Toussus-le-Noble à Barcelone le 27 septembre 1931. Immatriculé EC-AAR, il est, le samedi 3 octobre 1931, baptisé 'Manuel Colomer' - du nom d'un pilote catalan décédé lors d'une traversée de la Méditerranée - par la sœur de ce dernier.

            Le F.194 était destiné à la création d'une ligne commerciale entre Barcelone et Andorre, plus précisément entre l'aérodrome international de El Prat de Llobregat et l'aérodrome municipal de Seo de Urgel. L'autorisation d'exploitation de la ligne par le Farman et divers autres appareils de l'aérodrome Canudas est donnée en février 1932. L'exploitation semble avoir duré quelques temps, mais si la régularité en fut bonne, le niveau en resta insuffisant.

            Ce Farman fut fréquemment utilisé par Canudas pour des meetings ou des voyages touristiques le long de la côte méditerranéenne.


            En 1935, il appartient à la "Cooperativa de Treball Aeri" (coopérative de travail aérien, groupement d'aéro-clubs et d'avions privés catalans animé par José Canudas). Le 2 janvier 1936, le Farman 194 piloté par José Maria Carreras accompagné de son mécanicien Lorenzo Fornès et ayant comme passagers les époux Jover s'envole vers la Guinée espagnole. Passant par Alicante (02/01), il atteint Colomb Bechar le 3 après escale à Oran. Il y reste 48 h en maintenance et attente des autorisations avant d'aborder  la traversée saharienne. Le 7, il est à Reggan puis le 8 atteint Gao via Bidon 5, et le 9 Niamey et Cotonou. Après une étape Cotonou Lagos - Douale le 10, il arrive à sa destination Bata le 11 janvier.

Il y séjourne quelque temps réalisant quelques voyages vers Ferando Poo, Yaoundé ou Douala. Enfin, le 27 février, avec comme passager José Navarro, Directeur des exploitations forestières, il s'envole pour Fort Lamy, puis arrive à Zinder le 28 et à Gao le 29. Le 1° mars, il fait sa seconde traversée saharienne vers Reggan via Bidon 5 et atteint Reggan le 2 mars. Le 3 mars, il revient sur Barcelone via Oran.


            Pendant la guerre civile, il est utilisé, notamment pour le transport de munitions. Sa livrée rouge est étoffée des marques républicaines sur les ailes et le gouvernail, tandis qu'un cercle rouge sur la dérive consacre son appartenance aux Alas Rojas. Le 17 août 1936, il part de Barcelone piloté par Joan Balcells. Son épopée reste encore incertaine et dépend des témoignages. Il dépose deux caisses de munitions en France sur un terrain privé, avant de refaire les pleins à Toulouse.

            Le 20 août 1936, à 18H00, il atterrit à Nice sur le terrain de la Californie. Sous le prétexte de se raser, son pilote, Joan Balcells, abandonnant l'avion échappe à la police et gagne l'Italie. Le mystère fera pendant quelques jours les délices rédactionnels de "L'Éclaireur" de Nice

            Le 22 septembre 1936, le gouvernement catalan envoie à Nice le pilote Enric Cera afin de récupérer l'appareil.  Le F.194 EC-AAR ne survit pas à la guerre. Il est définitivement rayé du registre espagnol le 12 novembre 1940.

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