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Farman F.195

Salmson 9Ab

            Après diverses études et hésitations quant au choix du moteur, le Farman F195 sera finalement un F192 militarisé par l'adjonction d'une tourelle légère sur le haut du fuselage. C'est sous cette identité de F.192 qu'il figure d'ailleurs dans le carnet de vol de Lucien Coupet.


            Il est généraleemnt considéré que 6 Farman F195 furent commandés par le Venezuela, mais 4 seulement sont avérés comme produits et livrés en août 1930. Nous n'avons pour l'instant pas trace côté français de la production des 2 derniers, bien qu'ils semblent également arrivés au Venezuela en 1930. Les F195 furent utilisés par l'Escuela de Aviaciòn Militar, portant initialement un camouflage vert d'origine française. Ils furent ensuite camouflés en vert olive et marron clair. Ayant la réputation - pas nécessairement usurpée si l'on en croit les récits de certains utilisateurs - de passer facilement sur le dos au décollage et à l'atterrissage sur terrains difficiles, ils furent rejetés par l'Armée de l'Air de leur rôle d'écolage après deux accidents entraînant le décès de deux des héros de l'air nationaux. Ils furent numérotés n°1 à 6, mais nous n'avons trouvé des photos que des n°1 et 2 prises lors d'un meeting de présentation des forces aériennes brésiliennes en décembre 1930.

            Repris par les services officiels qui devaient restructurer les réseaux nationaux suite à la faillite de l'Aéropostale et au retrait d'Air France, ils retrouvèrent une très relative notoriété.

            Dès 1930, peu après leur arrivée, les F.195 eurent quelques accidents bénins. Le stabilisateur du F.195 n°5 heurta un tronc en 1930 au décollage du Camp d'aviation de Bolivar . Le pilote, seul à bord, était le Capitaine Manuel Rios. Le F.195 n°4 eut son gouvernail de direction bloqué par la courroie de mitrailleuse à Macaraïbo en 1930. Le pilote était le SubTte Jesus Zafrane accompagné pour ce vol par Robert Guérin, officier français qui assurait la tâche de conseiller technique de l'Armée de l'Air Vénézuélienne.


            Pour les Vénézuéliens, le F.195 n°1 est le plus tristement célèbre des F.195. Il est détruit à l'atterrissage lors d'un vol de Maracay à Barquisimeto le 2 février 1931. Le pilote, qui ne survécut pas à l'accident, était le Tenente Vicente Landaeta Gil, héros de l'air vénézuélien. L'appareil comptait également 3 passagers, les Tte Julio Fortoul, SubTte Alfredo Garcia, Mécanicien Angel Stopello qui furent tous blessés.

            C'était le premier accident aérien avec mort d'homme au Venezuela; ce fut également le premier à faire l'objet d'une enquête officielle. Elle fut menée par Robert Guérin. Le rapport de 7 pages conclut au mauvais temps ayant rendu l'atterrissage impossible. En souvenir, la base aérienne de Berquisimeta porte le nom de ce pilote.


            L'accident d'un second F.195 (n° inconnu) scella le sort du F.195 en provoquant également la mort de l'une des "figures" de l'aéronautique vénézuelienne. Il s'écrasa le 24 avril 1931 dans le Lac de Tacaruiga. Le pilote, Manuel Simon Rios, fut gravement blessé. Le passager, le SLt Jose A. Montalve, blessé, était aux côtés du Capitaine Rios sur l'aile de l'avion qui flottait dans le lac. Les équipes de sauvetage mirent 32 heures pour arriver à l'avion. Le corps du mécanicien Arturo Betancourt ne fut retrouvé que 2 jours plus tard. L'accident fut imputé au mauvais temps imposant un vol aux instruments et à une panne moteur.


            Le troisième F.195 détruit (n° inconnu) s'écrasa près de Choroni le 12 décembre 1932. L'appareil est donné comme camouflé en vert olive et marron clair. L'équipage constitué du pilote, Tte Antonio Maria Villegas, des mécaniciens Charles Guivy (instructeur), Juan Hurtado et Tulio Valencia, et du radio Cesar Murraciole fut porté disparu au retour d'une liaison Maracay - Tucaca - Maracay destinée à réparer un autre appareil accidenté à Tucaca le 9 décembre. Des pêcheurs virent l'avion tomber vers 15H30. Ce n'est qie le 24 décembre qu'une équipe de secours retrouva une partie du train, la chaîne de montre du radio et quelques restes. Le dernier message du radio faisait état du mauvais temps.

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