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Farman F.199

Lorraine 9 Na "Algol"

            F.199 n°1, c/n 7221, F-AJZO (CdN n° 2728 du 20 mars 1931)


            Le F.199 n°1 est acquis en 1931 par la société AéroTopographie de Courbevoie. Baptisé "Colonel Laussedat", peint en bleu et rouge, il est équipé de deux appareils de prise de vues "Cadastre" jumelés, ayant une capacité totale de 180 plaques et montés avec un viseur spécial sur un bâti orientable dans 3 axes. Cette installation pèse 100 kg. Un trou de 0,30 m sur 0, 60 m est prévu dans le plancher de l'avion, derrière le pilote. L'avion comporte également un équipement électrique composé d'une génératrice et d'une batterie d'accumulateurs (Source : Revue scientifique, 1932).

            C'est le premier F.190 à être équipé de fenêtres rectangulaires. Sans doute jugées insuffsantes, elles seront agrandies sur les exemplaires suivants.

            Au 2° trimestre 1935, il passe une visite spéciale à 161 heures de vol. Le 10 octobre 1938, il passe une visite à Ambérieu, il a alors 370 heures de vol. Probablement réquisitionné.

            F.199 n°2, c/n 7283, F-ALHG (CdN n°3242 du 25 août 1932)


            En août 1932, le F.199 n°2 est inscrit au nom de M. André Conti, fondateur avec son associé Gancel, du groupe "Saint-Didier". A l'origine spécialisé dans la commercialisation "à l'américaine" des automobiles et de tout service associé dans un environnement moderne et luxueux (station service, location, vêtements ad hoc, etc..), il crée en 1931 un département "Saint-Didier Aviation", dédié à l'aviation de tourisme. Outre un hall d'exposition situé rue des Sablons (Paris, 16°), ce département offre les services d'une école de pilotage à Buc, dirigée par Reginensi.


            Le projet France - Madagascar de Reginensi s'inscrit donc dans une démarche promotionnelle. Simultanément, la réalisation d'une liaison destinée à tester les performances radiotélégraphiques sur le trajet France - Madagascar permet de bénéficier d'un soutien officiel. Le F.199 n°2 est équipé d'une installation radio avec deux postes d'émission : un en ondes longues, type Aéro-Radio, devant émettre sur 600 mètres; l'autre du type Lagrue-Mesny de 160W à lampes d'émission Philips émettant en ondes "courtes" sur 27m. Le récepteur unique est un Philips, type 2802, permettant une écoute à large bande.


            Le 25 janvier 1932, le F.199 n°2, portant l'emblème de la société, est béni par Mgr Crespin et baptisé "Saint-Didier" par sa marraine, la princesse Isabelle de France, en présence de Conti et Gancel. Le 29 janvier 1932, il s'envole du Bourget pour rejoindre Madagascar par la route saharienne. L'équipage est composé de Reginensi (pilote), Lénier (radio) et Tougé. Le 30 janvier, il décolle d'Istres pour Oran , puis le 31 s'envole vers In Salah. Égaré, il se pose le 31 au soir et redécolle le lendemain matin pour se poser de nouveau peu après. Le 7 février, Reginensi et Tougé en quête d'un point d'eau sont repérés par le Potez du Colonel Vuillemin et le Laté 26 de Poulin. Le "Saint-Didier", ravitaillé, revient sur Paris le 16 février.


            L'appareil passe en février 1933 dans les mains de Roger Levy, fils du fondateur de la société "Chaussures André", puis en janvier 1935, est racheté par Jean Laurent. Le 20 janvier 1935, le même appareil, repeint et désormais baptisé "Philippeville", ville natale de Laurent, s'envole de Marignane pour Madagascar avec pour équipage Gaston Génin, Jean Laurent, André Robert. Il est de retour à Paris le 2 février, ayant battu à l'aller le record de vitesse de Goulette et Salel de plus d'un jour.


            Passé en février 1935 au nom de Clément Achard (Paris), il revient de nouveau au nom de Jean Laurent en avril. Rebaptisé alors "Roland Garros", avec cette fois l'équipage Jean Laurent, Joseph Tougé (pilotes), Roger Lénier (radio), le F.199 équipé d'un radiocompas R.C. 5 de LMT s'envole du Bourget le 16 décembre 1936 vers l'Ile Maurice. Ils se posent à Madagascar le 25 décembre après un vol sans gros problème, puis rejoignent La Réunion le 28 décembre, et enfin atteignent l'Ile Maurice le 17 janvier 1937. Ils sont de retour à Lyon le 11 février 1937.


            Joseph Touge le rachète alors. Le succès de la navigation par radiocompas dans la liaison Paris-La Réunion incite Tougé et Lénier début 1937 à envisager la réalisation dans des conditions similaires d'un raid Paris - Tokyo en moins de 100 h. Tougé reprend à cette fin le f.199 n°2, mais ce projet, annoncé en mars 1937, ne voit finalement pas le jour et Tougé revend l'appareil en juin 1937 à Roger Usal (Paris)


            En février 1938, il est racheté par Firmin Guiron, le "pilote du Mont-Blanc", héritier de Thoret, basé à Passy Mont--Blanc. D'abord responsable de la station locale de Potez Aero Service, il crée et anime en 1936 la Section d'Aviation Populaire, mais s'en trouve rejeté. En 1937, il crée à Passy avec un Potez la société "Mont-Blanc Aviation". En 1938, il achète un Caudron Simoun qu'il remplace rapidement par le F.199 n°2. Baptisé "Le Faucigny", le F199 n°2 remplace son Simoun et lui permet de développer son activité. En 1939, ses appareils sont réquisitionnés et lui-même est mobilisé et convoie en vol le F.199 n°2 à Étampes.

            F.199 n°3 (F.199 n°1 militaire), c/n ?, F-AKHV


            Envoyé au CEMA en février 1938, il sert pour des essais d'instruments de navigation, piloté par l'ingénieur pilote Jouy (J. Liron);

            Le F.199 n°1 est à une date ultèrieure enregistré en F-AK.., au nom du Ministère de l'Air. Modifié et utilisé pour des essais à Villacoublay, il a une configuration de F.392 avec une dérive arrondie et une roulette de queue. Il est équipé d'un émetteur radio.

            Il est toujours utilisé par le Centre d'Essais de Villacoublay le 18 juillet 1938, faisant ce jour-là un atterrissage d'urgence sur panne d'essence à Chalons sur Marne.

            Sort ultèrieur inconnu

            F.199 n°4, c/n 7203, F-AJRY (CdN n° 2551 du 18 septembre 1930)


            Construit comme F.197 n°3 et acquis par Marcel Goulette, il est converti en F.199 en novembre 1931 et baptisé "Marcel Lalouette". L'avion est équipé de carénages de roues, retirés pendant les raids. La décoration, proche de celle du F.197, s'en distingue néanmoins par des marquages noirs, le nom "Marcel Lallouette" en blanc sous les hublots, complété sur le flanc gauche de la liste des raids de Goulette. A Madagascar, une tête de zébu sera peinte sur la portière avant.         

F.197

F.290

            En équipe avec Salel, Goulette l'utilise d'abord pour un raid vers Tananarive à la fin de 1931. Une première tentattive en septembre échoue près du Caire, mais ne décourage pas l'équipage. Reparti le 20 novembre de Toussus-le-Noble, il rejoint Lyon (400km), avec l'ingénieur Carol comme passager, puis Istres. Le raid débute vraiment le 23 par une étape Marseille - Syrte, puis il passe par Assouan, Djibouti, Magdochou, Dar-es-Salam, Mozambique, Majunga et Tananarive, atteint le 27 novembre. Le retour est engagé le 2 décembre avec 1500 lettres, par Dar-es-Salam, Magdochou, Djibouti, Assouan, Apollonia (atterrissage forcé par suite de vents contraires), Benghazi, Tunis, Lyon puis Le Bourget. Ce trajet moins long de 1200 km que celui utilisé par Moench et Burtin évite le Congo belge, est néanmoins plus difficile du fait de ses fréquentes tornades.

            En avril 1932, Goulette et Salel battent le record de Mollison sur le trajet Paris - Le Cap. L'appareil est repeint à l'issue du raid, et la liste des voyages complétée sur le flanc gauche du fuselage.

            Mais, le 25 mai 1932, le F.199 F-AJRY s'écrase à Veroli, près de Rome, alors qu'il ramène de Brindisi M. et Mme Lang-Willar, rescapés de l'incendie du paquebot "Georges-Philippar" en Mer Rouge. Outre les passagers, Marcel Goulette et le pilote Farman Lucien Moreau perdent la vie dans l'accident.

            F.199 n°5, c/n 7269, F-ALGK (CdN n°2751 du 10 avril 1931)


            En juillet 1933, Philippe d'Estailleur-Chanteraine étant administrateur délégué de la SGA, le Farman 197 n°6 est converti en F.199, prenant la configuration de l'avion de tourisme colonial avec ses fenêtres agrandies et recevant une roulette de queue; il fut évidemment repeint à cette occasion, et les marquages en furent légèrement modifiés. Dans les premiers jours de novembre 1933, Estailleur-Chanteraine descend sur Istres, puis Tanger et Rabat pour accompagner le départ de la Croisière Vuillemin, et assurer la promotion des moteurs Lorraine de la SGA.

            Le F.199 n°5 sert régulièrement les années suivantes, pour les déplacements personnels  en Europe et en Afrique de d'Estailleur-Chanteraine ou Freton, ou pour participer à des meetings.


            En 1936, Philippe d'Estailleur-Chanteraine et Paul de Forges accompagnés du mécanicien Vernaz et du docteur Max Richou le pilotent pour un grand voyage, qui leur fait traverser le Moyen-Orient vers les Indes et les comptoirs français où ils passeront plusieurs semaines.

            En 1938, d'Estailleur-Chanteraine fait don de son appareil au Musée des Colonies. Sort ultèrieur inconnu.

F.197

F.290

            F.199 n°6, c/n 7366, F-AMOI (CdN n°3508 du 12 juillet 1932), CS-AAV (CdN portugais n°... en mai 1937)



            Le F.199 n°6 est acquis en 1933 par Edouard Daubrée. Piloté par Daubrée et Salel, il fait ses premiers vols dès août 1933 : Toussus-le-Noble - Orléans aller-retour, puis Toussus-le-Noble, Chambéry, Toulouse, Biarritz, Bordeaux, Toussus-le-Noble . En novembre, baptisé "Pompon", il descend sur sa base d'attache, Tanger, piloté par Pierre Froissard, avec à son bord M. et Mme Daubrée, s'arrêtant à Barcelone du 26 au 28.

Du 18 au 24 décembre 1933, piloté par Finat, il participe avec le n° de course 9 au 2° tour d'Égypte (Rallye du Caire).

Il passe une partie de l'année 1935 à Toussus-le-Noble.


            En juin 1937, après une visite Véritas à Buc le 13 avril, le F.199 n°6 est racheté à Oran par Abel Pessoa qui compte l'utiliser pour sa compagnie Aero-Commercial nouvellement créée pour assurer une liaison régulière Lisbonne - Porto. Abel Pessoa a déjà eu l'occasion de l'utiliser, le prenant en main sur les trajets Oran -Tanger et  Tanger - Lisbonne. Le 28 mai, il survole les fêtes de Lisbonne, lançant des banderoles. Le F.199, immatriculé CS-AAV et baptisé "Aguia Branca II", est inscrit fin juillet pour le Rallye International de l'Exposition de 1937; pour quelque raison, il n'y participe pas. Le 8 août 1937, Abel Pessoa et 3 passagers décollent du terrain de Lisbonne pour survoler les régates internationales prévues ce jour-là à Figueira da Foz dans la baie de Santa Cruz. Pour une raison qui varie selon les sources, incendie ou rupture de commandes d'ailerons, l'appareil s'écrase en mer. Les 5 occupants meurent noyés.

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