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F190
Présentation
Présentation

F.190 n° 25, n/c 7145, AIR 2-1417

F-AJFN


¤ 1929



                Le 31 juillet 1929, le F.190 n°25 est enregistré à la S.G.T.A. avec le CdN / CdI 2186 sous le numéro AIR 2-1417. Il y sert discrètement de 1929 à 1933. A titre peut-être expérimental, il est équipé d'un démarreur à cartouche Sabathé.


¤ 1930 - 1934


                La carrière du F-AJFN à la SGTA est discrète. Le 11 août 1930, il reçoit un nouveau CdN de Veritas V1316. 

                C’est sur cet appareil qu’Antoine Chailloux, chef-pilote de la compagnie, fait ses adieux à la S.G.T.A. le 29 septembre 1932 avant de rejoindre l’Aéro-Club du Rhône à Lyon comme moniteur.


                En 1933, baptisé "L'Amical", le AJFN est transféré à Air France. Il est alors équipé d'un moteur GR5Bc.

                Comme tous ses congénères ne disposant pas d'équipements modernes, il n'est pas conservé par la compagnie nationale.

Le F.190 F-AJFN dans la livrée standard de la S.G.T.A. [© Michel Barrière]


¤ 1935


                Le 3 avril 1935, le F.190 n°25 reçoit un nouveau CdN AIR n°1417. Cette modification intervient suite à son rachat par Robert Poirier (Neuilly-sur-Seine) qui l'acquiert pour 13.500 Francs pour exploitation en commun avec un ingénieur.

                Breveté pilote en 1915, Poirier, après avoir été réceptionnaire chez Farman, déploit une importante activité comme organisateur de meetings et de baptêmes de l'air. Il se spécialisera en particulier dans les lâchers de parachutistes.

                En 1937, lors du saut de Clem Sohn, l'appareil est présenté comme modifié, la porte ayant été élargie et équipé d'une plate-forme tubulaire permettant de faciliter les sauts. Compte tenu des activités prévues par Poirier, cette installation a pu être installée dès l'achat de l'appareil.

                

                Le 23 juin, Poirier participe à la fête aérienne de Semur en Auxois, utilisant le Farman pour des baptêmes de l'air et des promenades aériennes. Le F-AJFN est utilisé en configuration 5 places. Il effectue à cette occasion des démonstrations de parachutisme, sa partenaire étant Edith Clarke.

                Le 29 juin, la propriété du Farman est transférée à Suzanne Poirier, née Guttmann, épouse de Robert depuis 1919. Ce changement de propriété est probablement dû au fait qu'à la suite de l'achat du F-AJFN, Poirier a été attaqué en justice par son associé pour abus de confiance.


                Le 20 août, Poirier revient d'un voyage à Dieppe avec le Farman

¤ 1936


                En janvier 1936, Poirier est condamné à 100 Francs d'amende dans son procés, mais ayant remboursé la somme avancée par son partenaire, ce dernier s'est désisté et, ce même mois de janvier, le Farman F-AJFN est enregistré de nouveau au nom de Robert Poirier.


                Au troisième trimestre 1936, le AJFN passe une visite spéciale à 298 h. Le 1° novembre, il participe au meeting de Tours organisé par Air Propagande.


                En décembre, Poirier est acquitté de sa condamnation de janvier 1936, mais, le 18 décembre, l'avion est mis sous hypothèque dans un litige avec Hachette;


                

André Vassard devant le F.190 F-AJFN lors de ses premiers essais le 11 mars 1937 [Le Figaro]

Clem Sohn à Vincennes devant le F.190 F-AJFN qui l'emmènera pour son dernier saut le 25 avril 1937 [www.gallica.bnf.fr]


¤ 1937


                L'appareil est de nouveau concerné par une procédure de saisie le 23 février, mais sera exclu de la procédure le 4 mai.


                En 1937, la possibilité du vol humain est à la mode. Le principal "homme-oiseau" est l'américain Clem Sohn. Il a évidemment des émules et notamment le français André Vassard.

                Le 11 mars 1937, Vassard fait ses premiers essais avec le parachute "Aviorex" à partir du Farman F-AJFN piloté par Poirier. 


                Le 25 avril 1937, piloté par Robert Poirier qui assure la fonction de Commissaire aux Parachutistes, le F-AJFN participe au meeting de Vincennes. Il est alors donné comme peint en vert et blanc.

                Accompagné du mécanicien Charles Imbert, Poirier emmène ce jour-là l'américain Clem Sohn, "l'homme oiseau" qui quitte l'appareil à 2850 m d'altitude. Après une démonstration de vol, son parachute principal s'emmêle dans l'aile gauche de sa combinaison d'oiseau et se met en torche, suivi peu après par son parachute de secours, et Clem Sohn s'écrase au sol.

Paris-Soir nous précise que ce Farman 190 était "vert et blanc".

Le F.190 de Robert Poirier. Cet appareil voit le dernier saut de Clem Sohn, l'homme-oiseau, à Vincennes le 25 avril 1937 et celui d'André Vassard à Tours le 16 mai de la même année.

Les photos connues ne nous permettent malheureusement pas de préciser les modifications de la porte arrière qui auraient faites à la demande de Poirier pour faciliter les sauts en parachute [© Michel Barrière]


                Le 16 mai, le F-AJFN participe au meeting aérien de Tours organisé par Air Propagande : Robert Poirier décolle du terrain de Parçay-Meslay avec les parachutistes Dathis et André Vassard. A 400 m d'altitude, Vassard saute suivi de Dathis qui descendra normalement. mais Vassard, sortant à reculons par la porte étroite du Farman, accroche la poignée de secours de son parachute. Son parachute en torche, Vassard s'écrase au sol et décède pendant son transport à l'hôpital.


                Le 13 juin, Poirier et son Farman participent au meeting de Romilly sur Seine, organisé par l'Aéro-Club de l'Aube et l'Air Propagande.

                

¤ 1938 - 1939


                A partir de 1937, l’avion est basé sur le terrain de St Cyr l’Ecole. Le 11 août 1938, le Farman y passe sa visite à 400 h de vol, avant d'être probablement réquisitionné en 1939. Son sort ultérieur est inconnu.

F190 n°24

F190 n°26

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