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F190
F190

F.290 n° 1 à 5, n/c ..


¤ 1929 - 1930


                Dès l'apparition du F.190, ses performances et son potentiel comme appareil d'essais et de servitude séduisent le STAé qui en acquiert au printemps 1929 deux exemplaires : les n°8 (F-AIYP) et 11 (F-AIYR).


                Son interêt ne se limite pas à ces premiers achats, mais la situation ultèrieure est assez confuse.

                Pour embarquer et manipuler facilement des équipements, le STAe acquiert en 1930 et 1931 deux exemplaires immatriculés F-AKER et F-AKES comportant une porte d'accès coulissante sur le flanc droit et des portes cargo sur le flanc gauche.

                Il acquiert également trois autres exemplaires immatriculés F-AKET à F-AKEV, ce dernier portant le n/s n°5. Leurs numéros constructeurs sont connus du fait de leur conversion par la CAF en F.192 de 1937 à 1939 : il s'agit des n/c 7246, 7247 et 7248, ce dernier correspondant à la reconstruction du F.192 n°4 de Lena Bernstein.

                Destinés, probablement dès l'origine, à des activités d'essai spécifiques, chaque appareil a sa propre "personnalité". Tous sont équipés du nouveau moteur Gnome-Rhône 5 cylindres de la série K, successeur du Titan.


¤ 1931


                Au début de février 1931, le F.290 n°1 est présenté au Service Technique à Villacoublay. Un mois après, il semble que 4 au moins des appareils aient été réceptionnés.


F. 290 n°1, F-AKER


                Le F-AKER est un F.190 acquis en 1930 par l'Etat Français. Il est identifié dans le registre comme un appareil de reconnaissance coloniale de type F.192 R4, doté d'un moteur Salmson 9 Ab.


                Cependant, une photographie du F-AKER à Villacoublay montre son inscription de dérive et l'identifie sans ambigüité comme le F. 290 n°1.

                Parmi tous les F.290, cet appareil présente la particularité de posséder un poste de pilotage doté d'un pare-brise en coupe-vent et d'une toiture vitrée, analogue à ce qui sera ultérieurement monté sur le F.198 n°2. La porte de chargement placée sur le flanc gauche sous les 2 hublots arrière impose le passage du tuyau d'échappement sous le fuselage.

Le F.290 F-AKER à Villacoublay [© Michel Barrière]

¤ 1953


                Le F-AKER survit à la guerre : en juillet 1953, le spotter britannique Mike Hooks effectue un voyage en France à l'occasion du Salon du Bourget. Dans son compte-rendu publié 50 ans plus tard (AirBritain Aviation World n°2005/1), il mentionne la présence à Toussus-le-Noble du "Farman F.192 F-AKER démonté".

                Son sort ultérieur nous est inconnu.


F. 290 n°2, F-AKES


                Le F.290 F-AKES est doté d'un poste de pilotage standard.

                Comme sur le F-AKER, une porte de chargement placée sur le flanc gauche sous les hublots impose le passage du tuyau d'échappement sous le fuselage.

            Il aurait servi dès 1931 à des essais de dispositif de stabilisation automatique utilisant une combinaison girouette/anémomètre (anémogirouette). Un dispositif similaire mis au point par le Colonel Etévé est essayé pendant l'été 1931. Deux vols sont réalisés avec succès : l'un d'un quart d'heure, l'autre d'une demie heure.


F. 290 n°3, F-AKET


                Le F.290 F-AKET est doté d'un poste de pilotage standard. Le tuyau d'échappement est placé sur le flanc gauche, ce qui implique l'absence de la porte de chargement des n°1 et 2.


                En 1936, un avis aux navigants indique que la limousine Farman F-AKET effectue des essais de radiophare d'atterrissage du 28 février au 15 mars sur le terrain de Lyon-Bron, survolant tous les jours le terrain de 9 à 12h, puis de 14 à 17 h sur un axe nord-sud (210°). Il s'agit en l'occurence des essais d'un radiophare conçu par la Société Industrielle des Procédés Loth (SIPL) et matérialisant l'axe 203°.


                Deux autres radiophares étaient alors installés au Bourget, l'un conçu par la SIPL, l'autre par Lorenz et il est vraisemblable que le F-AKET était également utilisé pour leurs essais. Il consacra en fait l'essentiel de sa carrière à des essais d'équipements de navigation et de radios.


                Le F-AKET est avéré comme l'un des trois F.290 acquis à partir de 1937 par la CAF qui les convertit alors en F.192 dans ses ateliers.

Le radiophare installé par la SIPL sur le terrain de Lyon-Bron en 1936 et dont les essais furent menés par le F.290 F-AKET [L'Aéronautique]

Le F.290 F-AKET à Villacoublay [© Michel Barrière]


F. 290 n°4, F-AKEU


                Hormis une photo dans le Docavia, nous ne connaissons pour l'instant peu de choses sur cet appareil qui aurait servi à des essais d'aide à la navigation. Comme le n°3, il ne possède pas la porte cargo sur le flanc gauche.

Le F.290 F-AKEU à Villacoublay [© Michel Barrière]


F. 290 n°5, F-AKEV, CT-15


                Sur les photographies du dossier de référence de Gnome-Rhône, le F.290 F-AKEV montre clairement le numéro de série 5 sur sa dérive.


                En mai ou juin 1933, le F-AKEV est affecté au Corps Technique et reçoit sur le fuselage l'immatriculation CT-15 portée simultanément avec l'immatriculation civile F-AKEV sur et sous les ailes. Il est affecté à la section d'entrainement au pilotage du corps technique qui utilise en avril 1934 16 appareils de types divers dont le F.390 n°6 F-AMOR.

  

Le F.290 immatriculé F-AKEV sur les ailes porte également son immatriculation du Corps Technique sur le fuselage. [© Michel Barrière]

            Si nous connaissons mal l'utilisation précise par le STAé de tel ou tel appareil de la série F.190/290, nous avons par contre quelques exemples des essais pour lesquels ils ont été utilisés.


¤ 1931


                - Altimètre acoustique Florisson : en décembre, un F.190 est équipé avec un altimètre de type sonar


¤ 1932 :


                - Pilotage automatique Bernardi :  le lieutenant Jouy, Duclos et Bernardi effectuent le 12 mars un vol à Istres sur un F. 190 équipé du dispositif de pilotage automatique Bernardi. Un nouveau vol est prévu le 13 pour passer le cap des deux heures de vol imposé par le marché.


¤ 1935 - 1936 :


                - Dispositif Loth de guidage par câble :  une limousine Farman est citée à diverses reprises comme participant aux essais de mise au point et de guidage de ce dispositif.


                - Radio-phare de la "Société Industrielle des Procédés Loth (SIPL)" : un exemplaire en est installé au Bourget en 1935 et un autre, d'un type différent, à Lyon-Bron. En septembre 1935, un vol de contrôle de l'équipement du Bourget est effectué par l'ingénieur-pilote Jouy assisté de l'ingénieur du corps de l'aéronautique Larivière.


                - Radio-phare allemand Lorenz : un équipement est installé au Bourget; à l'automne, le F.190 a été équipé d'un récepteur et de 3 antennes, dont une pour le radio-phare et une pour la balise.


                - Radio-phare de la "Société Française Radio-électrique" : un exemplaire en est installé pour essais à Toulouse en 1936-1937


                - Radio-phare de la société "Le Matériel Téléphonique" : un exemplaire en est installé pour essais à Strasbourg en 1936-1937

  

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