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Jacques de Sibour

Un voyageur hors du commun
Les titres de la presse américaine
New York Times   - 5 mai 1921
Page de garde de "Flying Gypsies"
le tour du monde raconté par Violette
Putnam, 1930
New York Times - 9 août 1936
Aviator's certificate de J. de Sibour
Coll. de Sibour
Les grands voyages à caractère aventureux s'arrêtent à cette époque, mais l'activité professionnelle subsiste avec l'avion d'Intava, un Percival Petrel. En 1938, Jacques et Violette réalisent ainsi un tour des aéroports indiens pour Esso, passant par Tripoli où ils déjeuneront pour la dernière fois avec Balbo qui leur confiera son antipathie croissante pour la politique de Mussolini. Ils ne rentreront à Londres qu'après Pâques 1939 : la guerre est presque là.

Mobilisé fin 39, Jacques sera renvoyé dans ses foyers en février 40. Rentré à Londres, il demande dès mai 40 à servir sous l'uniforme de la RAF qui décide de l'envoyer au Moyen-Orient. Violette part pour leur ferme du Kenya, accompagnée de leur fille Jacqueline en pension qu'elle passe prendre à Paris; toutes deux parviennent à rejoindre Marseille où elles embarquent sur le dernier navire pour Alexandrie. Le 14 juin, Jacques reçoit sa nomination comme "pilot officer" et rejoint Le Caire en uniforme de Squadron Leader. Violette partira ensuite pour Nairobi.

Leur fils, Blaise après avoir tenté de s'engager travaille pour De Havilland en Angleterre d'abord, où il participe à un crash program d'amélioration des Spitfire pendant la bataille d'Angleterre, puis en Égypte. Rattaché d'abord à la RAF en Libye, il rejoint les FAFL le 1° mars 1942. Volontaire pour le Groupe de Chasse Normandie, il le rejoint le 3 août 1943. Il est porté disparu le 31 août 43 dans la région d'Yelnia, le même jour qu'un autre aviateur et pionnier des voyages aériens également au Normandie, Paul de Forges.

Jacques de Sibour servit dans la RAF notamment comme officier de renseignement en 40 et 41 au Quartier Général de la RAF au Moyen Orient. Il fut impliqué dans l'offensive du Levant, ainsi que probablement dans la campagne d'Érythrée dont un grand drapeau ramené en souvenir fut utilisé par Violette pour arranger leur maison d'Accra. Mais son action parait avoir été plus particulièrement en relation avec la création de la route de convoyage de Takoradi. A l'été 1941, il fut affecté au No 203 Group à Khartoum, pendant les quelques mois où un effort particulier y fut demandé compte tenu de l'occupation de la Grèce. En décembre 41, Jacques se voit proposer de rejoindre les Pan American Airways qui s'implantent en Afrique pour l'USAAC. Il accepte mais lors d'une mission en janvier 41 aux États-Unis demande à rejoindre les FAFL. Fortement soutenue par les Américains, cette demande de transfert -  en pleine période de crise avec les anglo- américains - cette demande est vivement refusée par le Général de Gaulle, bien qu'initialement acceptée sur le terrain le 1° mars 42 par Astier de Villatte, Corniglion-Molinier et Catroux. Démissionnant alors de la RAF, Jacques est détaché auprès de Pan American.

Entre temps, suite à diverses questions administratives de paye et de grade, la présence de Jacques aux FAFL Moyen-Orient est remontée à Londres et le Général de Gaulle confirme très vivement son refus de le voir aux FAFL.

En juin 42, Jacques, parti en mission aux USA, revient avec l'État-major du Brigadier General Fitzgerald qui s'implante à Accra. Du 5 au 24 juillet, Jacques s'envole comme copilote et navigateur d'un avion de Pan American pour "ouvrir" la route du Congo partant de pointe Noire par Brazzaville, Léopoldville et Nairobi, et qui devait se prolonger vers l'Australie par les iles de l'Océan Indien. A son retour, il s'engage définitivement dans l'USAAC.
En décembre 1942, il fera partie de l'équipage de l'avion transportant Franklin D. Roosevelt au Maroc.

Après le Ferrying Command, il est affecté en 1944 à l'OSS. Il assurera un commandement opérationnel notamment sur l'aéroport de Kunming en Chine du Sud où il assure la formation et la supervision des agents en Chine du Sud et en Indochine. Lui-même interviendra à deux reprises derrière les lignes japonaises pour prendre des contacts avec les autorités locales et récupérer des documents. Il rentre aux États-Unis en 1945.

Jacques et Violette divorceront en février 1949. Entretemps, Jacques a repris une carrière civile chez American Airways. il y occupera divers postes de responsabilité, notamment à Paris. Remarié à deux reprises, il décède à Lisbonne en avril 79.

Jacques de Sibour nous paraît injustement oublié dans l'histoire de l'aviation française de l'entre-deux-guerres qui tend à privilégier les raids et records à connotation industrielle ou institutionnelle. Si son raid Paris-Pékin réalisé sous les auspices "nationaux" de Farman et Gnome-Rhône est son voyage le plus cité, ses autres voyages - qui furent, soulignons-le, réalisés sur fonds privés - sont le plus souvent passés sous silence, à commencer par son tour du monde de 1928 qui constitue, avec ses aspects dilettantes dans le contexte de ce qui ne s'appelait pas encore la "jet set" , un véritable exploit pour l'époque.



Cette biographie de Jacques et Violette de Sibour n'a pu être réalisée que grâce à l'aide amicale - directe ou indirecte - de leurs proches, et tout particulièrement de Katherine de Sibour. Qu'ils en soient ici remerciés.
Jacques (Jean Gabriel Osmond) de Sibour est né à Cannes le 8 avril 1896. Ses parents, Louis Jean Théodule Francisque, Comte de Sibour et Kathryn Bailey s'étaient mariés en 1890 à New York ; la famille avait en effet depuis longtemps des attaches aux États-Unis. Cette double ascendance marquera la vie de Jacques de Sibour. En 1914, lors d'une traversée de Liverpool à New York sur le SS Celtic de la White Star, il a fait la connaissance d'une jeune américaine, Violette Selfridge.

Le 23 décembre 1914, étudiant en lettres à Paris et devançant l'appel, Jacques s'engage au 3° Régiment de Dragons. En 1916, il obtient son transfert dans l'aviation et arrive à Dijon comme élève pilote le 15 février 1917, obtenant son brevet à Pau le 10 mai. Il deviendra moniteur à Juvisy, puis passera le reste de l'année 1917, dans plusieurs écoles : Avord, Juvisy, Châteauroux, Pau.

Le 18 janvier 1918, le Maréchal des Logis Pilote Jacques de Sibour est affecté à la SPA150. Sa carrière en escadrille sera courte : le 4 février 1918, peu après son arrivée, il est cité à l'ordre du 1° Groupe d'aviation pour un combat contre 4 LVG, "réussissant à en désemparer un et mettant les autres en fuite - montrant ainsi une audace et un calme merveilleux joints à une adresse du pilotage très rare." Mais quelques jours après, suite à un problème disciplinaire, il est, malgré les circonstances atténuantes, renvoyé au 21° Régiment de Dragons, où il obtiendra une nouvelle citation le 17 juillet.

Le 26 juillet 1918, un éclat d'obus l'envoie à l'hôpital ou une greffe s'avère nécessaire. Sitôt sorti, il est de nouveau victime d'un accident grave et blessé à la tête. Il restera à l'hôpital puis en convalescence jusqu'à sa démobilisation en août 1919. Il sera alors versé dans les réserves avec un état de service élogieux.

Le Nouvel An 1921, la presse anglo-saxonne annonce qu'Harry Gordon Selfridge l'embauche et lui donne la main de sa fille Violette. Le mariage a lieu à Londres le 5 mai 1921 sous les auspices aéronautiques : un avion est représenté sur le gâteau de mariage. Pour loger sa famille à ses côtés, HG Selfridge a fait le 1° mai l'acquisition de Lansdowne House, l'une des grandes maisons historiques de la ville. Le jeune couple s'y installe et le 29 janvier 1922 naît à Londres leur fils, Blaise Jean de Sibour.

Originaire de Chicago où il possède encore des attaches, Harry Gordon Selfridge, "the American merchant prince of London", a fait fortune en développant à Chicago les méthodes de vente des grands magasins. Ayant vendu ses parts, il part s'installer à Londres où il applique ses compétences en créant Selfridge's. Conscient du potentiel de l'aviation naissante, il est dés le 9 janvier 1909 membre du Royal Aero Club of the United Kingdom et ouvre un rayon consacré aux équipements aéronautiques en 1909. L'ouverture est appuyée par l'exposition d'un Blériot XI qui, entre le 26 et le 29 juillet 1909, attire 120.000 visiteurs ! Outre l'image publique attribuée à jacques de Sibour "famous war aviator", l'alliance avec une famille noble française n'est pas pour déplaire à HG Selfridge dont une autre fille épousera le frère ainé de Jacques.
De 1921 à 1925, Jacques de Sibour essaiera sans grand succès de devenir un businessman conforme aux vœux de HG Selfridge.
A l'été 1925, Jacques suivi par Violette puis par leur fils et sa nurse part pour tenter de s'établir en Afrique. Louant une maison au Kenya à Ngong, près de chez Karen Blixen ("Out of Africa"), ils abandonneront au bout d'un an pour tenter - sans plus de succès - leur chance à Madagascar.

Rentrant en Angleterre à l'automne 1926, Jacques découvre une aviation en plein développement. En août 1924, l'Air Council a décidé d'appuyer la création de club d'avions légers en finançant l'acquisition d'appareils et de leur maintenance pendant 2 ans, les clubs assurant le financement du fonctionnement courant, l'acquisition des aérodromes, l'emploi des moniteurs et mécaniciens ainsi que l'assurance des appareils payés sur fonds publics. A la mi 1925, l'Air Council choisit l'appareil de référence: le De Havilland DH60 Moth, équipé du moteur "Cirrus" de 60cv.
Comparé aux avionnettes équipées de petits moteurs (40cv au plus) à la mode chez les constructeurs individuels, le DH 60 apparaît comme un biplace plus lourd et puissant, et donc plus coûteux. Par contre, il a le potentiel nécessaire à une utilisation opérationnelle dans des conditions difficiles. Fin 1925, 5 Aero Clubs sont déjà ouverts en Grande-Bretagne; le sixième - le Hampshire Aeroplane Club - dépose ses statuts en mars 1926.

Le potentiel du Moth se confirme rapidement sous l'impulsion de Geoffrey de Havilland : le 29 mai 1925, Alan Cobham, spécialiste maison des grands vols, fait un aller-retour Londres - Zurich dans la journée. D'autres vols européens suivent au fur et à mesure de la livraison des appareils : tours de Grande-Bretagne, vol Londres - Dublin, vol Londres - Berlin (et première panne due à un défaut d'alimentation lors du changement de réservoir) par Alan Cobham, etc...
Le 15 novembre 1926, deux DH 60 modifiés en monoplace et équipés de réservoirs supplémentaires décollent de Londres. Ils sont pilotés par T.N Stack et le capitaine B.S. Leete. Début janvier 1927, ayant suivi la route des Imperial Airways, ils atteignent leur but : Karachi. D'autres suivent comme R.R. Bentley qui avec un Moth modifié de façon similaire vole de Londres au Cap.

Ces développements ne laissent pas Jacques de Sibour indifférent. En juin 1927, il s'entraîne au Hampshire Aeroplane Club, puis passe les épreuves nécessaires à l'obtention de sa licence internationale le 29 juillet 1927 (n° 8125). Le 20 août 1927, il prend possession d'un DH 60X portant l'immatriculation G- EBSS et baptisé "Safari". Leur premier voyage se fera de Londres à Paris.

Le 2 septembre, il est en route pour le meeting de Copenhague avec Violette comme passagère; sa première panne l'oblige à un atterrissage en rase campagne aux Pays-Bas. Il redécolle le lendemain matin et rembarque à Schiphol Violette qui avait continué par la route. Le meeting de Copenhague confirme les performances du Moth dans sa catégorie. Un Klemm gagne la King's Cup Race suivi par 3 Moth, Jacques se classant 4° derrière son ami Carbery.
C'est à cette époque qu'une discussion avec Carbery sur la chasse aux grands fauves dérive sur les voyages en avion. Carbery défendant l'intérêt de la chasse au tigre en Indochine, Violette évoque la possibilité d'y aller avec leur avion. L'idée fait son chemin, le voyage se transformant en tour du monde avec les traversées océaniques effectuées en paquebots pour éviter le retour en période de mousson. Le projet est annoncé à la presse début mars 1928.
Durant les premiers mois de préparation, Jacques enseigne pilotage et navigation à Violette. Pour se donner plus de chances, ils décident de remplacer leur Cirrus Moth par le nouveau Gipsy Moth DH 60G équipé du moteur Gipsy de 100cv et de réservoirs supplémentaires.
Le 14 septembre 1928, l'avion baptisé "Safari II", déjà chargé et immatriculé "G-EBZR", reçoit son certificat de navigabilité et Jacques et Violette s'envolent aussitôt pour Le Bourget.

Le projet n'emballe pas les autres membres de la famille et tout particulièrement HG Selfridge qui déclare à la presse : "I wish that Violette weren't going. It is an adventure of hazard and I hate to see her undertaking it". Néanmoins, après 10 mois d'aventures, Jacques et Violette de Sibour boucleront leur voyage en 10 mois, rejoignant Londres le 21 juillet 1929, prêts à d'autres projets. Jacques est devenu un fervent propagandiste de l'aviation de tourisme et Violette publiera chez Putnam ses souvenirs de voyage sous le titre "Flying Gypsies".
Début 1931, Jacques et Violette sont de retour en Europe, Violette obtenant au début de l'année son brevet de pilote au London Aero Club. Lors de leur tour du monde, Jacques et Violette prévoyaient une visite en Chine ; la malaria de Violette les en avait empêchés. Leur nouveau but de voyage est Pékin via Moscou et la Sibérie. En juin 1931, Jacques prend possession du Farman F291 "F-ALER" baptisé "Safari IV". Jacques et Violette accompagnés du mécanicien Damet partent alors le 16 juin et se posent sans encombre à Pékin après avoir traversé la Russie, la Sibérie et la Mandchourie. Ils y resteront pendant deux mois.

Pendant leur séjour, Jacques de Sibour effectue divers vols de propagande à Peïta-Ho, Tsi-Nan-Fou,... Le 9 août, Jacques décolle de Pékin pour Nankin, assurant une liaison au profit de la Légation de Grande-Bretagne. Pris dans le mauvais temps, il est obligé de se poser en rase campagne et ne peut donner de nouvelles pendant 48h, son silence semant l'inquiétude. Sa prestation sera d'autant plus appréciée, et les remerciements officiels de la Grande-Bretagne conduiront l'ambassadeur de France à le proposer pour la Légion d'honneur qui lui sera remise en décembre de cette même année.
Le 25 août, ils décollent de Pékin vers Paris, accompagnés de Madame Wilden, épouse du Consul de France et ... d'un pékinois. Le 1° septembre, ils sont de retour au Bourget, accueillis par Maurice Farman, Paul-Louis Weiller et un représentant des Affaires Étrangères.

Il est cependant dit que l'année russe n'est pas terminée. Le 12 septembre, le Dewoitine D33 "Trait d'Union 2" s'écrase à Oufa. Si Doret est indemne, Le Brix et Mesmin sont morts dans la catastrophe. Pour venir en aide à Doret, Jacques de Sibour et Damet s'envolent immédiatement et rejoignent Krasnoïarsk, où ils embarquent les enquêteurs qu'ils amènent à Oufa. Ils sont de retour au Bourget le 23 septembre.
Jacques et Violette sont désormais connus et parisiens. Jacques devient l'un des premiers membres de l'Aero Club Roland Garros et participe à la préparation du raid que veut entreprendre Maryse Hilsz vers Madagascar avec son Farman F291 "F-ALUI". A la demande de Paul-Louis Weiller, il intervient lorsqu'une panne la stoppe près de Niamey, à Birni Nkonni.
Jacques et Violette décollent dès le 11 février avec leur Farman lourdement chargé de divers outils et d'un moteur de rechange. Trop chargé même ... au point de ne pas pouvoir passer les Pyrénées.
Atterrissant en campagne, Jacques laisse le transport du moteur par route à la charge de Violette qui le rejoint à Barcelone d'où ils repartent le 17. Descendant le long de la côte suivant la route de l'Aéropostale, ils repartent de Dakar vers Niamey le 26 février ... et disparaissent. Le gouvernement français vient de lancer des recherches aériennes lorsque le 14 mars ils réapparaissent à Niamey avec Maryse Hilsz, réparation faite.
Le 23 mars, le couple est de retour au Bourget.

Le premier semestre 1932 sera marqué par le triomphe d'Amelia Earhart et son voyage à Paris, mais les grands voyages ne sont pas terminés. Le 28 août, Jacques, Violette et Damet s'envolent du Bourget vers le Kenya, accompagnés cette fois de leur fils âgé de 10 ans. Ayant traversé l'Espagne et l'Algérie, ils descendent par la route "britannique" : Égypte, puis Brokenhill. Ils restent jusqu'au 1° décembre au Kenya et Blaise tue son premier lion. Le retour s'effectue par l'Afrique Centrale et le Sahara, via Bidon 5 et Reggan, puis l'Espagne. Ils arrivent au Bourget le 3 janvier.

Leur deuxième enfant, une fille prénommée Jacqueline, voit le jour en mars à Paris en mars 1933.

En 1933, le manque de finances les tourne vers le business et ils décident de se lancer dans le commerce d'avions en Chine et rejoignent Hong-Kong; en juin, Jacques obtient une commande de 3 appareils, mais la réalisation de la vente bloquée par la concurrence s'avère difficile et en juillet, Violette quitte Saigon pour Paris par Air Orient. Sur place, bénéficiant de la visite du Ministre des Finances du gouvernement chinois, et de ses relations avec l'ambassadrice, elle parvient à débloquer la situation.

Fin 1933 ou début 1934, ils repartent, cette fois pour le Japon avec le de Havilland Dragon DH 84 immatriculé "G-ACKD" de Brian Lewis. Partis par Tunis, l'Égypte, l'Asie Mineure, l'Inde et la Chine, le retour se fait par Singapour, Calcutta, puis Karachi qu'ils atteignent le 1° février. Le 15 février, ils sont à Syrte et rejoignent Le Bourget le 1° mars. Ils iront ensuite à Madagascar.

En 1935, Jacques de Sibour devient représentant de Standard Oil à Paris et bénéficie de l'avion de la compagnie. En 1936, il agit plus particulièrement en tant qu'Intava (international Aviation Associates), filiale assurant dans certaines zones la distribution de produits pétroliers.

En juin 1934 se place un épisode curieux : Jacques de Sibour s'inscrit pour la Mc Robertson Race (la grande course Londres-Melbourne). L'appareil envisagé serait le Couzinet 150 et le second pilote Rossi. Or Couzinet en pleines difficultés financières a depuis la fin de 1933 arrêté le développement de l'appareil et Rossi a simultanément jeté l'éponge, recherchant un nouvel appareil. for logiquement cette inscription n'est pas confirmée suite aux dénégations de Couzinet et Rossi, mais sans que des commentaires de Jacques de Sibour "injoignable" permettent de comprendre l'origine de cette inscription.
En juillet 1936, Jacques de Sibour et Violette accompagnent Gordon Selfridge Jr et une amie pour un voyage "de curiosité" en Espagne avec le Dragon de Selfridge's immatriculé "G-AECX". Craignant d'être refoulés à la frontière, ils se posent directement chez les Nationalistes à Burgos et se joignent à une équipe de journalistes en partance pour le front. Ils assistent ainsi à une attaque républicaine, Jacques faisant le coup de feu à cette occasion, puis reviennent vers Burgos, mitraillés en chemin par un appareil républicain pour le vol retour vers Londres. Cet intermède sera diversement apprécié par la presse britannique qui ignorera que Jacques a profité de son retour pour déposer sur un terrain du centre de la France, le Vicomte de Rocamora qui rejoint le roi d'Espagne.
Frappé par la violence de la guerre civile, Jacques de Sibour décide dès leur retour de se porter au secours des étrangers – notamment une trentaine d'Américains alors bloqués à Grenade. Reprenant le Dragon de Selfridge's, il s'envole pour Tanger avec le soutien de la Standard Oil qui lui obtient un laissez- passer. Il effectuera plusieurs aller-retour entre Tanger et Grenade, évacuant 4 personnes à chaque voyage, avant de revenir en Grande-Bretagne.
Depuis plusieurs années, Jacques et Violette de Sibour avaient établi des relations d'amitié avec Amelia Earhart et George Putnam. Ils furent évidemment parmi les premiers à la féliciter à son arrivée à Londonderry après son vol en solitaire le 21 mai 1932. Le Lockheed Vega sera alors pris en charge pour réparation par Selfridge et exposé dans le magasin londonien.
Le 3 juin, Amelia Earhart et George Putnam juste débarqué du paquebot entreprennent un voyage triomphal sur le continent, accompagnés de Jacques et Violette. Après diverses activités à Paris du 3 au 7, dont une participation au meeting de Saint-Germain qui verra notamment s'affronter Doret et Fieseler, ils seront accueillis à Rome du 8 au 10, puis amenés à Bruxelles en Farman par Jacques avant de repartir aux États-Unis le 14.

En 1937, Jacques jouera un rôle actif dans la préparation de la deuxième tentative de tour du monde d'Amelia Earhart. La première partie du trajet dans le sens Ouest-Est implique en effet la préparation une logistique sans faille, tant au plan politique que technique, pour la traversée de l'Afrique et du Moyen-Orient, qui sera principalement assurée par Jacques alors membre de Intava. De voyage en Inde, il accueille Amelia et Noonan à Karachi le 16 juin et assistera à leur départ pour Calcutta le 17.
Jacques  de Sibour au 3° Dragon en 1915
Coll. de Sibour
  
Le temps des safaris
Coll. de Sibour
Laissez-passer pour le retour de  Chine
Coll. de Sibour
Billet de 20F Algerie avec les noms des passagers
1° Vol US  Dakar - Marrakech le 7 janvier 43
Coll. de Sibour
Avec le GeNeral Donavan de l'OSS
Coll. de Sibour
Il semble qu'à leur retour, les relations avec HG Selfridge se soient détériorées. Dès son retour, le couple est plus souvent à Paris. Leur nouveau Moth acheté début 1930 - un DH 60 M baptisé "Safari III" - est immatriculé en France; ils ne le gardent que peu de temps. Partis de Paris en février 1930 par l'Espagne et l'Afrique du Nord, ils sont à Aden début mars, puis en Éthiopie où l'avion, cédé au Négus, est pris en charge par la mission militaire française dans l'aviation éthiopienne.
Le couple repart ensuite pour le Kenya en bâteau, rejoignant Nairobi début avril. Ils achètent un camion 2t et entreprennent alors une traversée de l'Afrique d'est en ouest qui les amènera à Yaoundé où ils prendront le train pour rejoindre la côte et rentrer en France.
  
Traversée africaine
Juin 1931