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Du Caire à Karachi
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Les dates dans cette phase ont été restituées en se basant sur le trop peu de données disponibles et en essayant d'assurer la bonne cohérence de l'ensemble. Elle sont néanmoins sujettes à caution.

IRAK, du jeudi 8 au dimanche 25 novembre 1928
  
  • Bagdad, du jeudi 8 au dimanche 25 novembre 1928

A Bagdad, Jacques et Violette se logent au Zia Hotel, considéré comme le meilleur de la ville (Agatha Christie y logera Hercule Poirot), encore qu'il soit loin d'avoir le luxe des hotels du Caire... Normalement, l'Hinaidi doit rester 3 jours à Bagdad, et les réceptions, dîners et visites touristiques passent le temps. C'est sans doute dans cette pèriode (météo favorable et disponibilité des pilotes du Hinaidi) que Jacques et l'un des pilotes de la RAF (Anderson?) décident d'aller chasser la gazelle avec le Moth à une cinquantaine de kilomètres de Bagdad, Jacques utilisant sa carabine depuis l'appareil pour ramener deux gazelles.

Cet épisode relaté quelques mois plus tard (avril 1929) dans la presse britannique vaudra à Jacques de Sibour les foudres de certains lecteurs, choqués par le caractère modérément sportif de leur point e vue de ce type de chasse. Outre la non participaion de violette, c'est peut-être une raison qui explique  qu'il ne soit pas relaté dans Flying Gypsies.

Le jeudi 15 novembre, la nouvelle tombe du report sine die du retour du Hinaidi. Jacques et Violette envisagent de partir seuls, mais la météo se met de la partie, et Violette se retrouve alitée pendant quelques jours. Un nouveau contre-ordre pour le Hinaidi permet d'envisager un départ pour le lundi 26 novembre. l'inconnue reste la météorologie : forts vents avec pluie inetrmittente. L'activité social reste importante incluant un dîner avec le roi Fayçal.

Le samedi 24 novembre, le beau temps étant enfin de retour; Jacques se rend à l'aéroport pour faire les préparatifs du départ. Son retour est peu glorieux : le départ de l'Hinaidi est retardé de 3 semaines - donc reporté au 17 décembre -  et le moteur du Moth a des problèmes et doit être démonté.

Bagdad ayant perdu de son attrait, Jacques et Violette cherchent avec Anderson et Fressanges comment occuper leur temps. La suggestion d'un responsable de l'APOC d'organiser un voyage de quelques jours à Téhéran les séduit immédiatement, malgré les difficultés administratives et matèrielles - notamment la location d'une voiture fiable pour couvrir les 2000 km aller-retour, rapidement résolues dans la journée du dimanche 25 novembre avec son soutien. Un officier de la base accepte de prendre en charge les réparations du Moth et dés le dimanche soir, Violette, Jacques et leurs deux amis prennent le train pour rejoindre Khanaquin, au nord-est de Bagdad.

IRAN, du 26 novembre au 17 novembre (?) 1928
  
  • Dimanche 25 au lundi 26 : Bagdad - Khanaquin ( 200 km par un train de nuit)

Voyage animé d'incidents mineurs. A Khanaquin, à une dizaine de kilomètres de la frontière iranienne, accueil par l'APOC et installation dans la voiture, une Hudson 7 places.
  
  • Lundi 26 novembre : Khanaquin - Kermanshah ( #150-200 km par la route )

Accueil en fin de journée par le représentant de l'APOC, faute d'hôtel. anderson affecté par les suites de la vaccination obligatoire contre la peste.
  
  • Mardi 27 novembre : Kermanshah - Hamadan ( # 200-250 km par la route )

Logement en fin de journée à l'hôtel d'Hamadan.
  
  • Mercredi 28 novembre : Hamadan - Qazvin ( # 150 - 200 km par la route )

Une longue journée qui se termine au Grand Hotel de Qazvin; Jacques ressent des douleurs au côté.

Cette étape à Qazvin apparaît sur la carte de Jacques, mais n'est pas citée par Violette. La longueur des étapes successives, le fait qu'une carte postale du Grand Hotel de Kazvin montre un bâtiment nalogue à la description de Violette "just one row of them [rooms] on a balcony" nous laisse supposer une confusion possible...
  
  • Jeudi 29 novembre : Qazvin - Teheran ( # 150 - 200 km par la route )

Logement au "Grand Hotel" de Téhéran, qui ne mérite guère son nom
  
  • Vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre : Téhéran

Réceptions et dîners succèdent aux visites. L'accueil est en particulier assuré par le Ministre français - Monsieur et Madame Wilden - et britannique - Sir et Lady Clyde.
Le vendredi soir, Jacques ressent de nouveau une forte douleur au côté et va consulter un chirurgien irlandais le vendredi. le verdict tombe : appendicite. plutôt que de retarder une intervention, il décide une opération à l'hôpital de Téhéran, géré par des missionnaires américains. L'opération est programmée pour le lundi 3.
  
  • Lundi 3 au dimanche 9 décembre : Hôpital de Téhéran

L'opération de Jacques se passe sans problème. Anderson et Fressanges rentrent à Bagdad - probablement peu de temps après l'opération - avec la demande d'attendre si possible le retour de Jacques et Violette, et d'avoir un oeil sur "Safari II". Ils ne mettront que deux jours pour rentrer, annoncant que le Moth est indisponible pour 3 semaines, des rechanges ayant été commandées en Grande Bretagne.
  
  • Lundi 10 décembre au lundi 17 décembre (?) : Légation britannique de Téhéran

Pendant ses quelques jours de convalescence, Jacques de Sibour est hébergé à la Légation britannique. Puis, dés qu'il est en état de voyager, le retour est organisé par les lignes aériennes iraniennes gérées par une filiale de la Lufthansa et utilisant des Junkers avec un vol hebdomadaire de Téhéran à Qasr-e-Shirin, à la frontière irano-irakienne près de Khanaquin. La suite du voyage s'effectue par voiture jusqu'à Bagdad.

Il est probable que Anderson et Fressanges ont quitté Bagdad au plus tard le 17 octobre pour participer aux opéartions d'évacuation des étrangers à Kaboul, opérations qui débutèrent le 23 décembre. Le retour de Jacques et Violette s'est effectué autour du 17 décembre également, compte tenu de leur agenda ultèrieur, peut-être dès le 13 ou le 14 sous réserve du jour des vols hebdomadaires au départ de Téhéran.

IRAK et IRAN du 17 décembre 1928 au 6 janvier 1929
  
  • Lundi 17 (?) au vendredi 21 décembre (?) : Bagdad

Dés leur retour à Bagdad, Jacques et Violette apprennent que le piston manquant n'est attendu que "dans une autre quinzaine", et précisément pour le 30 décembre.Déprimé, Jacques envisage alors d'envoyer le Moth en Inde.
Compte tenu des événements en Afganisthan, Anderson et Fressanges sont partis sans attendre mais ont fait un atterrissage forcé dans le Golfe Persique, et sont en réparation à Abadan. Jacques et Violette décident alors de les y rejoindre et s'organisent pour ce faire une visite du quartier général dee l'APOC à Abadan.
  
  • Vendredi 21 au mardi 25 décembre : Bagdad - Abadan ( # 500 km par train)

"Trois jours avant Noel", Violette et Jacques arrivent par train et, le soir même, dînent avec Anderson et Fressanges dont le Hinaidi a été réparé entretemps par changement d'un moteur arrivé de Bagdad et qui repartent dés le lendemain pour Kaboul.
Jacques et Violette passent les jours qui suivent en compagnie des gens de l'APOC, et visitent les installations.
  
  • Mercredi 26 au vendredi 28 décembre : Abadan - "Maidan Fields" et retour (# 500 km en voiture)

Le mercredi 26 décembre (?), ils partent en voiture pour les champs pétroliers de "Maidan-i-Suleiman", au nord d'Abadan. Après une journée de route, ils passent une journée sur le terrain, puis de nouveau ont une journée de voiture pour le retour à Abadan où ils restent encore quelques jours avant de reprendre le train pour Bagdad.
  
  • Dimanche 30 décembre 1928 : Abadan - Bagdad (# 500 km par train)

Le dimanche soir, sitôt descendus du train qui les ramène d'Abadan, le couple apprend qu'il n'y a aucune nouvelle de leur piston. Ils décident alors de câbler à Londres pour se faire envoyer un nouveau moteur. 4 jours plus tard, soit le 3 janvier probablement, ils apprendront que HG Selfridge a fait envoyer un nouveau Gipsy par bâteau vers Calcutta, mis entretemps les événements se sont précipités.
  
  • Dimanche 30 décembre 1928 au dimanche 6 janvier 1929 : Bagdad

Le 31 décembre au soir, un postier apporte un petit colis : le piston tant attendu. Immédiatement, les dispositions sont prises et leurs affaires envoyées par bâteau pour Karachi pour alléger au maximum l'avion pendant les quelques jours de traversée du Golfe en prévision des provsiosn, nourriture et eau, nécessaires pour ce trajat.
"safari II" est remis en état.
D'autres dispositions sont prises : "Safari II" emportera notamment des lettres portant un cachet spécial "IRAQ TO INDIA / By Light Aeroplane / with Vct. and Vctess. / J. de Sibour"  
Le 3 janvier 1929, le New York Times annonce la reprise du voyage et leur départ de Bagdad pour le dimanche 6 janvier.
Le Moyen-Orient britannique (21 octobre au 8 novembre 1928) : du Caire à Bagdad

L'étape du Caire, puis celle de Bagdad, verront les premiers freins mis au voyage de Jacques et Violette de Sibour par l'attente de pièces de rechanges venant de Grande Bretagne.
Arrivé au Caire, en attendant la  pompe commandée depuis Tripoli, Jacques décide de lancer une maintenance majeure du Moth. Cette opération confiée à la base RAF d'Héliopolis, sera complétée par des modifications réalisées en relation avec les équipes du constructeur pour améliorer la tenue du Gipsy au climat chaud.
Le Caire est en outre une plaque tournante des grands voyages britanniques. Des officiers Sud-Africains comme le Capitaine S. Halse, parti de Londres le 9 septembre ou Richard R. Bentley parti de Londres le 19 octobre, tous deux avec leur épouse, passent au Caire dans cette pèriode sur la route du Cap.
Il en est de même des officiels en mission comme sir Philip Sassoon, dans une grande tournée d'inspection au Moyen-Orient et en Inde ou l'Air Vice-Marshal Brooke-Popham qui rejoint son poste à Bagdad, ce qui permettra au couple de se joindre à lui pour leur voyage vers Bagdad.
EGYPTE, du lundi 22 octobre au mardi 6 novembre 1928
  
  • Le Caire, du lundi 22 octobre au mardi 6 novembre 1928

Arrivés le dimanche 21octobre, Jacques et Violette après avoir passé les contrôles douaniers britanniques vont se loger à l'Hôtel Continental où ils passeront une dizaine de jours. Le Moth est mis en maintenance dans les ateliers de la RAF où il attendra la pompe de rechange et sera modifié sur les conseils de de Havilland - avec lesquelles le contact reste constant - pour améliorer la tenue du moteur Gipsy aux climats chauds.
L'ambiance restant très britannique, cette attente semble longue à Violette. La carte présentée dans Flying Gypsies fait apparaître une excursion à Helwan.
Cette dernière s'accroît d'aviateurs de passage comme Richard R. Bentley et sa femme Dolly avec lesquels les Sibour fraternisent.
            
Richard R. Bentley, officier de la SAAF, a réalisé en septembre 1927 un raid Londres - Le Cap en 28 jours avec son DH60 Cirrus Moth G-EBSU baptisé "Dolly" par Lady Bailey à sa livraison en août 27. Comme le sera le Gipsy Moth de Jacques, son appareil est équipé d'un réservoir supplémentaire derrière le moteur. Marié le 18 février au cap avec Dolly Oldfield, R.R. Bentley revient ensuite à Londres en voyage de noces avec son épouse. Durant ce voyage, il assistera Lady Bailey et Lady Heath. Il y reste environ 6 mois. Le 19 octobre, il reprend avec son épouse la route du Cap via Constantinople et Le Caire. Il a pu y arriver vers le 25 ou le 26 au plus tôt.

Leur séjour au Caire dura près de 2 semaines. Pendant cette période, ils seront sollicités pour faire profiter le capitaine Halse de la SAAF de leur hélice de rechange - faisant probablement partie d'un lot de rechange transporté préalablement à leur arrivée.
            
Le Captain Halse de la SAAF comme R.R. Bentley était lui-même en voyage avec son épouse sur leur Moth DH 60X G-EBYS de Londres vers Le Cap. Il était immobilisé à Mongalla par un bris d'hélice. La rechange lui sera apportée par Bentley quelques jours plus tard.

Le départ eu finalement lieu après le retour au Caire de sir Philip Sassoon, Sous-secrétaire d'état à l'Air, retour d'une grande tournée en Irak et Inde.

Sir Philip Sassoon était parti le 29 septembre de Londres avec un hydravion Blackburn "Iris" trimoteur. Passé par le Caire le 2 octobre, il avait ensuite continué par Bagdad et Karachi et réalisé une inspection des bases et frontières de l'Inde, utilisant un Handley-Page Hinaidi et des DH9. Au retour, une panne moteur immobilisa l'Iris à Jask. Le 26 octobre, le même Hinaidi, piloté par le Flight Lieutenant Anderson et le Flight Officer Fressanges vint les chercher pour une tournée dans le nord de l'Irak et la Syrie. Le samedi 3 novembre vers 17H00, le Hinaidi se posait au Caire. L'Iris réparé n'étant pas attendu avant le lundi 5 - il n'arrivera en fait que le 6 au soir- le dimanche 4 fut un jour de tourisme. dans on livre "the Third Route",Sir Philip Sassoon mentionne sa rencontre ce soir-là avec le Vicomte et la Vicomtesse de Sibour après dîner, an assistant à une partie de pelote. Il ne quitta Le Caire pour Aboukir où se posait l'Iris que le 6 au matin, et ne décolla d'Aboukir que le 7 novembre.
 
PALESTINE et JORDANIE  les 6 et 7 novembre :
  
  • Mardi 6 novembre : Le Caire – Amman ( 500 km)
Le départ de Jacques et Violette n'eut donc lieu que le 5 au plus tôt, probablement le 6 en compagnie de l'Air Vice-Marshal Sir Robert Brooke- Popham qui va prendre son commandement à Bagdad. Après avoir survolé Ismaïla et le Canal de Suez, ils suivent la côte palestinienne au dessus d'el Arish et Rafah jusqu'à Gaza. Ils obliquent ensuite vers l'intérieur des terres et survolent Jérusalem avant d'arriver à Aman.
  
  • Mercredi 7 novembre : escale à Amman
Arrivés à Amman le 6, ils y restent la journée du 7 avec une de leur relations londoniennes, le Colonel Peake, plus connu localement comme Peake-Pasha, fondateur de la "Légion Arabe". Le 7 au soir, ils font connaissance de l'équipage de l'Hinaidi affecté à Sir Philip Sassoon - First Lieutenant Anderson et Flying Officer Fressanges de retour du Caire et en route vers Karachi. Anderson leur propose de voler de concert au dessus des zones difficiles vers Bagdad et l'Inde, ce que jacques et Violette acceptent avec plaisir.
  
  • Jeudi 8 novembre : Amman – Bagdad, via Rutbah Wells ( 420 + 370 km)

Une autre très longue étape en zone désertique. Repartis le 8 pour Bagdad en vol de groupe avec le Handley-Page Hinaidi d'Anderson et Fressanges et un autre appareil de la RAF, ils déjeunent et refont les pleins à l'ancien fort de Rutbah Wells, devenu une confortable étape en plein désert des Imperial Airways avant d'atterrir à Bagdad en fin de journée. Se posant sur le terrain militaire d'Hinaidi, ils y seront tolérés temporairement - ils auraient en effet dû utiliser le terrain civil des Imperial Airways - avant d'y être pleinement acceptés grâce, semble t'il, à l'intervention de Sir Brooke-Popham.


  
Excursions en Iran et Irak du 8 novembre 1928 au 3 janvier 1929

Les reports du départ du Hinaidi pour Karachi, puis le mauvais temps, prolongent le séjour à Bagdad jusqu'au 24 novembre. Ce jour là, l'attente est sur le point de finir et le départ est programmé pour le lundi 26. Suite à un nouveau report de 3 semaines du départ du Hinaidi, Jacques et Violette décident leur départ seuls pour découvrir la nécessité de changer un piston sur le Moth. Écœurés, et ne souhaitant pas prolonger leur séjour à Bagdad, ils décident de partir dans une voiture de location pour Téhéran. Les malaises ressentis par Jacques durant le trajet s'avèrent une crise d'appendicite qui nécessitera son opération le 3 décembre. Une semaine à l'hôpital puis la convalescence précéderont le retour à Bagdad par un Junkers des lignes intérieures iraniennes.
Le piston de rechange n'étant pas encore arrivés, Jacques et Violette acceptent une invitation de l'Anglo Persian Oil Company (APOC) à visiter leurs installations et puits du sud irakien à Abadan. Ils y passeront Noel et rentreront le 31 décembre à Bagdad. Le piston de rechange enfin arrivé leur permet enfin de partir pour le Golfe Persique le dimanche 6 janvier 1929.

IRAK, du dimanche 6 au lundi 21 janvier 1929
  
  • Dimanche 6 janvier : Bagdad / Hinaidi - Bassorah / Shaibah ( 340 km en 3H00)
Le Moth descend vers Bassorah, suivant le Tigre et la voie ferrée. Il apparaît rapidement que le moteur manque de puissance et jacques décide de se poser sur la base RAF de Shaibah, y atterrissant "furtivement" après une heure de vol en rase-mottes. ils y sont accueilli par le n°84 Squadron, équipé de DH9 et qui vient de recevoir ses premiers Westland Wapiti; il est commandé par le Wing Commander Breen, connaissance de collège de Jacques. Le terrain sert également d'étape hebdomadaire aux Imperial Airways, dont le représentant les prend en charge.
  
  • Lundi 7 janvier au dimanche 20 janvier : escale à Shaibah
Les mécaniciens de la RAF s'avèrent incapables de déterminer les causes de la panne, et le couple décide de privilégier le départ par bateau. Néanmoins, un mécanicien ayant son idée, il est décidé de lui donner une chance.
Pendant ce temps, le couple s'occupe et pour remercier leurs hôtes décident d'aller à la chasse pour améliorer le menu avec du canard sauvage. S'ensuivent trois jours de chasse dans les marais. Et à leur retour, le moteur de "Safari II" ronronne de nouveau.
Le dimanche 20 janvier, la météo ne se prête pas au décollage.

La durée du séjour à Shaibah de Violette et Jacques ne s'explique guère par les informations de Violette dans Flying Gypsies. Il semble qu'en fait, la décision de prendre le bateau ait été prise dés leur arrivée, mais trop tard pour profiter de la première liaison maritime du mois, leur imposant une attente jusqu'à la suivante, vers le 25 janvier. Pour l'honneur, les mécaniciens de la RAF s'acharnent - sans succés - pour trouver la cause de la panne. La chasse au canard de près de 3 jours aurait eu lieu une semaine après leur arrivée, soit vers le 14 ou le 15.
En revanche, l'échéance du 21 janvier est certaine compte tenu de ses répercussions dans la presse internationale.
  
  • Lundi 21 janvier 1929 : au dessus du Koweït

Le lundi 21 janvier 1929, Charles R.Crane, un ancien industriel de Chicago et diplomate américain qui avait été ambassadeur des États-Unis en Chine se trouvait à Bassorah dans le cadre d'une mission destine à déterminer les opportunités économiques en Arabie. I était accompagné de son fils John et d'un assistant, l'ex Colonel Watson. Ce jour-là, il décida une expédition au Koweït, et le secrétaire de la mission américaine de Bassorah, Henry A. Bilkert, proposa de les accompagner. En plein désert, le convoi de deux voitures tomba dans une embuscade délibérément organisée par une centaine de guerriers d'une tribu wahhabite. Les voitures arrivèrent à s'échapper, mais Henry Bilkert fut mortellement blessé aux côtés de Charles Crane qui lui s'en tira indemne.
Une mission aérienne de représailles par le Squadron 84 fut immédiatement organisée.

Apprenant l'organisation de cette mission au profit de civils américains, Jacques de Sibour décida de s'y joindre avec son Moth, sa carabine et quelques grenades et bombes fumigènes. Rapidement distancé par les appareils militaires, il eut la désagréable surprise de perdre deux cylindres et d'être obligé à un atterrissage d'urgence au dessus des zones hostiles. pour s'en éloigner, il décida de rouler vers Shaibah en utilisant la puissance restante du moteur. Grâce aux bombes fumigènes, il réussit à se faire repérer par l'escadrille sur le chemin du retour. roulant à une quinzaine de kilomètres à l'heure, il s'arrêta à la nuit se jugeant suffisamment éloigné des zones à risque et fut récupéré par un camion blindé de la RAF envoyé à son secours.
  
  • Mardi 22 au vendredi 25 janvier (?) : Shaibah

La traversée aérienne du Golfe avec le Moth s'avérant désormais impossible, les dispositions sont prises pour transporter "Safari II" à Bassorah et le charger sur le pont du courrier pour l'Inde, où il est attaché et bâché, ailes repliées.
  
  • Vendredi 25 janvier (?) au mardi 5 février : Bassorah - Karachi ( #2300 km par mer )

Peu après le départ à bord du courrier, un passager se présente à Violette : Charles R. Crane, l'acteur involontaire de l'embuscade du 21 janvier s'avère également outre un voyageur invétéré, une relation de Chicago de H.G. Selfridge au mariage duquel il avait d'ailleurs été invité. Les Crane et les Sibour fraternisent et partageront leur heures de voyage. ils profitent de l'escale pour visiter Jask où ils contemplent les restes d'un appareil abandonné, portant la mention "Karachi to Croydon" et un insigne de Félix le Chat. Ils se quittent - provisoirement - à Mascate où Charles R. Crane débarquent.
Le temps se dégrade les jours qui suivent, limitant les débarquements aux escales. mais c'est finalement sous le soleil que Jacques et Violette arrivent le 5 février à Karachi.
En route vers Karachi du 6 janvier au 5 février 1929

Après les retards pris au Caire et à Bagdad, Violette et Jacques de Sibour peuvent se croire au bout de leurs retards. il n'en est rien et dés leur décollage, le moteur de "Safari II" redonne des signes de faiblesse, remettant en cause la poursuite du voyage. Sa défaillance lors d'un vol d'essai de jacques au dessus d'un désert hostile les amènera à la décision de rejoindre Karachi par la mer, sur le bateau assurant deux fois par mois le courrier entre Bassorah et Karachi.
Chasse aux gazelles à Bagdad
(Cliquez sur l'image pour agrandir)
Coll. de Sibour
Dessin du F-ALER  relatif au
n° 84 Squadron de Shaibah
Coll. de Sibour
Excursions autour de Bagdad
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Jacques de Sibour

"A trip into the blue": "Safari" autour du monde